samedi, 25 janvier 2014 14:26

Fortify Rights dénonce les récents massacres et arrestations massives de Rohingyas dans le canton de Maungdaw Spécial

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forty

Birmanie : Mettez fin aux arrestations massives des hommes et des garçons musulmans dans l’État d'Arakan, Protégez les communautés en danger

 Autorisez un accès humanitaire immédiat, amenez les auteurs de violations à répondre de leurs actes

 (Bangkok, 23 janvier 2014) — le gouvernement birman devrait agir immédiatement pour mettre un terme aux attaques et aux exactions à l'encontre des musulmans Rohingyas, dans l’État d'Arakan, a déclaré aujourd'hui Fortify Rights. Le gouvernement devrait mettre fin aux arrestations massives d'hommes et d'adolescents musulmans et garantir le respect d'une procédure régulière pour toutes les personnes détenues aux alentours du lieu des récents massacres de Rohingyas dans le village de Du Char Yar Tan, situé dans le canton de Maungdaw. Un accès sans entrave à la zone doit être accordé aux organisations humanitaires, à des observateurs indépendants et aux médias nationaux et internationaux.

 

Du Char Yar Tan est le lieu du présumé meurtre, le 14 janvier, d'un sergent de police, s'en est suivi des attaques punitives contre des musulmans Rohingyas, menées par les forces de sécurité et des habitants Rakhines bouddhistes. Fortify Rights affirme qu'au moins 40 Rohingyas du village ont été tués et plusieurs centaines ont été déplacés de force la semaine dernière. Le nombre réel de morts pourrait être plus élevé, mais l'information est limitée à cause des restrictions imposées par le gouvernement pour l'accès à la zone.

 

Après les attaques, des responsables locaux ont prétendument émis un ordre verbal, le 14 janvier, à Lon Htein (police antiémeute) d'arrêter sans discernement tous les hommes Rohingyas, y compris les enfants âgés de plus de dix ans, aux alentours de Du Char Yar Tan. Les arrestations ont été effectuées, depuis le 14 janvier. Fortify Rights affirme qu'à compter du 22 janvier, les hommes et les garçons du village sont partis se cacher pour échapper aux arrestations.

 

«Ces détentions arbitraires élargissent l'étendue des violations des droits de l'Homme dans la région et devraient immédiatement cesser», a déclaré Matthew Smith, directeur général de Fortify Rights. « Des comptes doivent être rendus pour cette vague de violence horrible dans le canton de Maungdaw, mais les arrestations massives des hommes et des garçons musulmans n'est pas la solution. »

 

Le gouvernement central du Myanmar et des fonctionnaires de l’État d'Arakan ont nié à plusieurs reprises que toute violence ou meurtre a eu lieu dans le canton de Maungdaw, mis à part la mort du sergent de police et les allégations que des « foules » de Rohingyas auraient attaqué la police. Les autorités locales ont tenté d'isoler la zone depuis plusieurs jours. Les habitants ont été empêchés d'y retourner et des observateurs indépendants et les médias se sont vus effectivement refuser l'accès à cette zone.

 

« Le gouvernement devrait immédiatement accorder un accès humanitaire sans entrave à la région et autoriser l'accès aux médias nationaux et internationaux » , a déclaré Matthew Smith. « Les autorités ne peuvent parler raisonnablement de réformes des droits de l'Homme, alors qu'elles interdisent l'accès au site d'un massacre de plus, dans l’État d'Arakan. »

 

Les habitants de Du Char Yar Tan devraient être autorisés à rentrer chez eux, sous la protection de forces de sécurité venant de l'extérieur de l’État d'Arakan, a dit Fortify Rights.

 

Depuis l'éruption des violences dans l'Etat d'Arakan, en juin 2012, des centaines de personnes ont été tuées, au moins 145 000 musulmans ont été déplacés, 40 000 autres ont désespérément besoin d'aide humanitaire et des dizaines de milliers ont fui le pays par la mer. Un an et demi après le début des violences, les déplacés Rohingyas dans l’État d'Arakan manquent encore de logements convenables, d'eau potable, de latrines et de soins de santé, malgré les garanties de l'État et des administrations centrales.

 

Une série d'événements dans le canton de Maungdaw, au cours des deux dernières semaines, est à l'origine du récent épisode de violences graves dans le village de Du Char Yar Tan, également connu sous le nom de Kiladong, qui abrite au moins 3 500 musulmans Rohingyas, dont la plupart sont apatrides.

 

Le 9 janvier, 23 Rohingyas originaires du canton de Kyauktaw, situé dans l’État d'Arakan, voyageaient dans le canton de Maungdaw, apparemment avec l'intention de fuir le pays, quand ils ont rencontré sur leur chemin un groupe de bouddhistes Rakhines à l'extérieur du village de Du Char Yar Tan, dans le canton de Maungdaw. Le groupe de Rakhines aurait alors enlevé huit d'entre eux, tandis que les autres se sont enfuis. Le 11 janvier, des habitants Rohingyas auraient découvert une tombe récente, avec des parties visibles du corps, dans la région.

 

Tard dans la soirée du 13 janvier, un petit groupe d'agents de Lon Htein (police antiémeute) en tenue civile et des locaux Rakhines sont entrés dans le village de Du Char Yar Tan et ont tenté d'arrêter des hommes Rohingyas. Les villageois Rohingyas les ont alors repoussés du village avant qu'aucune arrestation ne puisse être effectuée.

 

Quelques heures plus tard, le 14 janvier, les Lon Htein et des Rakhines armés sont retournés au village de Du Char Yar Tan, en plus grand nombre. Les deux groupes de civils Rakhines et Rohingyas étaient armés de bâtons, de couteaux et de sabres, de toute évidence en préparation pour une confrontation violente. Des sources locales et autres ont rapporté à Fortify Rights qu'un sergent de police avait été enlevé à ce moment-là et qu'il aurait été tué par des Rohingyas.

 

La disparition du sergent a entraîné une troisième et importante opération de « sécurité » menée par Lon Htein, tôt le matin du 14 janvier, ostensiblement pour déterminer où se trouvait le sergent de police. À ce moment-là, la plupart des hommes et des garçons Rohingyas — qui fuient généralement lorsque les forces de sécurité sont censés s'approcher, car ils sont les principales victimes de la violence et de la maltraitance — ont fui le village dans la crainte, laissant derrière eux, surtout des femmes et des enfants. Lon Htein et des Rakhines armés sont entrés dans le village par la route principale Nord-Sud de Maungdaw et ont sauvagement attaqué les Rohingyas qui n'avaient pas encore fui. Les propriétés appartenant à des musulmans dans le village ont été pillées.

 

Aucun fonctionnaire n'a été poursuivi, ni tenu responsable d'exactions contre les Rohingyas, depuis la flambée des violences dans l’État d'Arakan en juin 2012. Les massacres cautionnés par l’État, les actes de torture et autres mauvais traitements perpétrés à l'encontre des Rohingya ont été bien documentées.

 

En août 2012, le Président birman Thein Sein a créé une « commission d'enquête » , constituée de 27 membres pour « dévoiler la vérité derrière les troubles » dans l’État d'Arakan et « trouver des solutions pour que les communautés de différentes croyances religieuses puissent vivre ensemble en harmonie ». Le 29 avril 2013, la commission a publié un rapport attendu de longue date, qui n'a pas abordé les abus commis par les autorités de l'État ou la nécessité d'une reddition de comptes pour les violations des droits de l'Homme, niant effectivement que l'État ait commis des actes répréhensibles .

 

Fortify Rights exhorte le gouvernement birman à appuyer l'ouverture d'une enquête internationale indépendante et transparente, sur les violations des droits de l'Homme et les privations humanitaires dans l’État d'Arakan, en collaboration avec des partenaires nationaux birmans.

 

"Nous assistons à une série interminable d'atrocités infligées aux Rohingyas, en plus des abus qu'ils ont enduré pendant des décennies,", a déclaré Matthew Smith. "Les autorités de Naypyidaw et de l'État d'Arakan sont dans l'incapacité ou n'ont pas la volonté de mettre un terme aux violences. Il y a longtemps qu'une enquête internationale aurait dû être menée. »

 

Pour plus d'informations, contactez:

Matthew Smith, matthew.smith@fortifyrights.org, +66.85.028.0044 (Thailand)

Follow on Twitter: @matthewfsmith @fortifyrights

 


À propos de Fortify Rights :

Fortify Rights est une organisation indépendante qui s'efforce de renforcer le mouvement des droits de l'Homme à travers la défense rigoureuse et la protection des droits de l'Homme. Nous fournissons un appui technique aux défenseurs des droits de l'Homme et nous menons une surveillance indépendante et des campagnes stratégique de persuasion. En documentant de manière indépendante et en dévoilant au grand jour les violations des droits de l'Homme, tout en s'associant avec des activistes militant pour le changement, au niveau local, national et international, nous avons pour objectif de fortifier le mouvement des droits de l'Homme . Nous sommes une organisation de droits de l'Homme à but non lucratif basée en Asie du sud-est et enregistrée en Suisse et aux États-Unis.

 

 Fortify Rights: Communiqué de presse

Traduit par le Collectif HAMEB

 

 

Lu 1453 fois Dernière modification le dimanche, 09 novembre 2014 03:58

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