Résumé historique

Au fil des dernières décennies, les Rohingyas ont progressivement perdu leur citoyenneté et sont devenus des apatrides dans leur propre pays. Sans plus de droits en Birmanie, ils s'installent clandestinement au Bangladesh pour fuir la terreur et l'extrême précarité imposées par les militaires birmans.

 

L'élan initial de solidarité bangladais laisse place à un rejet, qui se manifeste politiquement par la volonté du gouvernement de Dacca.

A la différence des précédents exilés, ils ne peuvent pas bénéficier du statut de réfugié.

En résumé cela s'explique de part les faits historiques suivants :

La première vague de musulmans présents en Birmanie remonte au VIIème siècle.

  • 1824 : Première guerre anglo-birmane qui déboucha sur une victoire britannique résultant une seconde vague de musulmans et indiens vers l'est birman.
  • 1942 : Début officielle des tensions communautaires coexistant sur place entre bouddhistes et musulmans.
  • 1948 : Indépendance de la Birmanie (des postes occupés par des musulmans dans l'administratif furent supprimés au profit des bouddhistes).
  • 1962 : Début du règne du général Ne Win et fin de tout espoir pour les maigres droits des Rohingyas.
  • 1977 : Opération Nagamin (Contrôle d'identité des citoyens et étrangers).

En Arakan, celle-ci prendra une tournure dramatique. Les contrôles tourneront le plus souvent en chasse à l'homme (1 700 musulmans furent assassinés pour défaut de présentation de papiers d'identité).

  • Mai 1978 : Les Rohingyas seront plus de 200 000 à avoir traversé la frontière vers le Bangladesh.
  • 1982 : Déchéance de la nationalité pour les Rohingyas.
  • 1988 : Arrivée de la junte militaire au pouvoir.
  • 1991-1992 : Exode de 260 000 musulmans suite à la présence militaire renforcée au nord de l'Arakan, qui entraînera une augmentation des exactions à l'encontre des Rohingyas : confiscations de terre, travail forcé ; mais aussi tortures, viols, exécutions sommaires...
  • Mars 1992 : Plus de 260 000 Rohingyas sont installés dans 20 camps à l’extrême sud du Bangladesh entre Teknaf et Cox's Bazar.
  • Novembre 1993 : Le Memorandum of Understanding (MoU) fut signé par le HCR (Haut Commissariat des nations unies pour les Réfugiés) et le gouvernement birman (dont il faut préciser qu'il est tenu secret, les réfugiés n'y ayant pas eu accès dans les camps, et le HCR n'ayant pas non plus jugé nécessaire de le rendre public) stipulant que les deux parties ont résolu de mener "le rapatriement et la réintégration volontaires en conformité avec les principes de sécurité et de dignité". Il est notamment précisé que le gouvernement fournira des documents d’identité à tous les rapatriés et qu'ils jouiront de la même liberté de mouvement que les autres nationaux dans l'Etat de l'Arakan. Autre garantie, le gouvernement birman doit permettre l'accès du HCR à tous les rapatriés dans l'Etat de l'Arakan. En quelques mois, le HCR installe en Arakan deux bases situées à Maungdaw et Sittwe.
  • Avril 1994 : Les premiers rapatriés arrivent en Birmanie.

    

Le HCR a tenté de donner une réponse à la répression et à l'exclusion des Rohingyas en organisant le rapatriement des réfugiés de 1991-1992 et leur réintégration en Arakan. Si cette opération menée en collaboration avec les autorités birmanes et bangladaises a permis le retour de la plupart des réfugiés et leur réinstallation en Birmanie, elle est cependant critiquable à plusieurs égards. Pour satisfaire le gouvernement bangladais pressé de se défaire des réfugiés installés sur son territoire, l'agence des Nations unies a abandonné le caractère volontaire du rapatriement pour l'incitation, voire de fait l'obligation au retour.

Après les exodes forcés de 1978 et 1991-1992 provoqués par une politique répressive et discriminatoire, les Rohingyas, par dizaines de milliers, quittent aujourd'hui à nouveau leur pays, contraints par les autorités birmanes qui opèrent un lent nettoyage ethnique de l'Arakan.

Les Rohingyas n'ont plus d'existence légale : ni citoyens d'un pays qui les rejette, ni citoyens d'un pays qui ne veut pas les accueillir. Cet état prônant des principes clairement xénophobes se dit, tendre vers la démocratie avec pour chef d'état, Thein sein encourageant les discriminations, des moines bouddhistes poussant à la haine racial (le moine Werathu et ses discours haineux ou encore le groupe 969 poussant au boycott des commerces musulmans). Sans oublier le prix Nobel de Paix, Aung San Suu Kyi s'enfermant dans un mutisme inquiétant. Cet état de silence radio venant de la communauté international se montre à son tour bien surprenant mais s'explique bien entendu, de part les intérêts économiques en jeux.

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